Rôle de la configuration de la salle de sciences dans l'engagement des élèves dans l'argumentation lors des travaux en groupe
Isabelle Lermigeaux-Sarrade, Doctorante au LaRAC

Directeur de thèse : Professeur Michel Grangeat, Université Grenoble Alpes, LaRAC

Résumé :

L'organisation de l'espace de travail est un aspect du contexte instrumental d'enseignement. A ce titre, l'espace est un élément qui contraint les déplacements des professionnels, en agissant probablement sur leurs prises de décisions et leurs actions. Cette recherche vise à déterminer dans quelle mesure les contraintes liées à l'espace modifient le répertoire d'actions disponibles des professionnels en favorisant, empêchant ou limitant certaines actions et interactions. Il s'agit également d'observer comment les enseignants utilisent leurs compétences pour s'adapter aux contraintes et exploiter les potentialités de leur espace de travail.

Le contexte de cette recherche est l'enseignement des sciences fondé sur l'investigation. Ce contexte d'enseignement présente deux spécificités :

  • L'enseignant a peu de latitude pour modifier son espace de travail, dans la mesure où l'enseignement des sciences se déroule dans des salles spécifiques, où le mobilier est fixé au sol. Les contraintes liées à l'espace sont peu modifiables.
  • Un des objectifs de la démarche fondée sur l'investigation est de développer chez les élèves les compétences de maîtrise de la langue au travers de l'argumentation lors de travaux de groupe. Ces travaux de groupe   demandent une organisation spécifique du contexte de classe.

Cette étude questionne les caractéristiques des espaces de travail et observe dans quelle mesure les contraintes liées à l'espace de travail sont susceptibles de modifier les interactions entre l'enseignant et les groupes d'élèves.

La question de recherche est la suivante :
Dans quelle mesure la configuration de l’espace de la salle de classe modifie-t-elle les déplacements, stationnements et interactions de l'enseignant avec les élèves ?

En particulier,

  • Quels déplacements et interactions de l'enseignant favorisent l'engagement des élèves dans la tâche à réaliser ?
  • Quelles configurations de classe favorisent, limitent ou empêchent ces déplacements et interactions ?

L'hypothèse principale est qu'il est possible d'identifier et de caractériser des configurations de classe favorisant les interactions entre l'enseignant et les groupes d'élèves.
La méthodologie utilise l'analyse d'enregistrements vidéo et audio de situations de classe pour comparer dans différentes configurations spatiales trois dimensions des interactions :

  • les interactions proxémiques de l'enseignant dans l'espace de la classe,
  • les interactions verbales de l'enseignant avec les différents groupes d'élèves,
  • les interactions verbales des élèves dans leurs groupes

Les déplacements de l'enseignant sont suivis seconde par seconde avec un matériel spécifique. Ils sont considérés comme des gestes professionnels constituant des indicateurs des décisions prises par l'enseignant au fil de la séance.
La comparaison concerne quatre configurations. La configuration frontale avec travée centrale est la plus fréquente en Europe, elle a été choisie comme configuration témoin.

Retour en haut de page.

Mis à jour le 21 juin 2018