Manon Chevalier-Laurent, Doctorante au LaRAC

Directeur de thèse : Professeur Pascal Bressoux, Université Grenoble Alpes, LaRAC

Résumé :

Les enquêtes PISA montrent que l’école française est l’une de celles où le déterminisme social est le plus fort, en mathématiques notamment. Les compétences en mathématiques étant prédictives de la réussite académique, il est fondamental de chercher des solutions qui pourraient corriger les trajectoires observées n’allant pas dans le sens de l’idéal républicain voulu pour notre école. Par ailleurs, on sait que les mathématiques engendrent, plus que les autres domaines, des phénomènes d’anxiété chez les élèves (et les enseignants), notamment concernant les filles et les enfants issus des classes sociales défavorisées (menace du stéréotype). Ces nuisances entravent leur réflexion, leur concentration et leur attention, nécessaires au bon investissement lors des différentes étapes de l’apprentissage. De ces constats s’est développée l’idée de mettre en œuvre des séances d’apprentissage ciblées en mathématiques, dans des classes de cycle 3, s’appuyant sur un environnement de travail informatisé : Scratch. Cet outil permet à l’enseignant de concevoir des situations d’apprentissage et place l’élève dans une posture constructive (élaboration d’algorithmes de programmation) pour répondre aux besoins de la situation. L’idée est de développer dès la primaire la pensée informatique et algorithmique et mesurer son impact sur les acquisitions et l’engagement des élèves. Nous souhaitons savoir si cet environnement de travail, qui se démarque des séances « traditionnelles » de par son « habillage » et les fonctionnalités qu’il encapsule (rétroaction visuelle immédiate par exemple), pourrait atténuer voire désamorcer les déterminants de l’anxiété et rendre les séances, notamment en phase de réinvestissement ou recherche, efficientes. Les aspects ludiques et propices à la créativité de l’outil Scratch pourraient produire ce type d’effets. Il faut cependant que les enseignants soient à l’aise avec les séances proposées (tant sur le contenu mathématique que l’environnement informatique) car on sait que la souffrance en mathématiques s’exerce également sur les enseignants qui peuvent la répercuter sur leurs élèves. L’expérimentation contient un volet formation qui permettra de vérifier que des enseignants non spécialistes de l’environnement informatisé sont capables de mener les séances de travail que l’équipe en didactique des mathématiques aura conçues. Nous nous proposons de mettre en œuvre cette approche dans les classes du bassin grenoblois afin d’évaluer si l’environnement informatique et la formation des enseignants à celui-ci aura un effet positif sur les apprentissages des mathématiques et diminuera les inégalités observées entre les élèves.

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Mis à jour le 28 juin 2018