Innovation pédagogique, Recherche

Bias d'auto-évaluation de sa compétence scolaire: risques et opportunités pour le succès du parcours académique future ?

Porteurs du projet :

Pascal Pansu (LaRAC)

Jacques Py (CLLE-LTC)

Claudine Schmidt-Lainé (Rectorat de l’Académie de Grenoble)

Thérèse Bouffard (URAMAS)

 

Montant alloué au projet : 128 992€

Période anticipée du projet : 2017 - 2020

Descriptif du projet :
À suivre les conclusions de PISA (2012), un des problèmes majeurs auquel le système éducatif français est confronté semble être l’élaboration de croyances négatives de compétence chez certains élèves et, corollairement, le fait de ne pas arriver à leur faire acquérir les apprentissages fondamentaux indispensables à leur avenir scolaire et social. Ce programme de recherche se situe précisément à ce niveau. Il vise à étudier les jugements que les élèves ont de leurs propres compétences scolaires et leurs effets sur les apprentissages fondamentaux en français (e.g., langage, lecture et écriture) et en mathématiques (e.g., calcul, raisonnement logique). Dans ce projet, nous considérons la différence entre le potentiel réel de l'élève (mesurée à partir de tests standardisés) et l’auto-évaluation de sa compétence scolaire (potentiel subjectif), cette différence rendant compte du biais d’auto-évaluation de compétence scolaire (voir pour revue, Bouffard et Narcisse, 2011; Bouffard, Pansu, & Boissicat, 2013). Ce biais peut être positif (surestimation de sa compétence scolaire) ou négatif (sous-estimation de sa compétence scolaire) et plus ou moins important. L'objectif du présent programme comprend deux niveaux d'analyse distincts. Premièrement, à un niveau intra-individuel (l’élève), il s’agit de recueillir des informations sur la dynamique des biais d’auto-évaluation de compétence scolaire (positif et négatif) et leurs effets sur les apprentissages fondamentaux à différents niveaux de la scolarité. Pour ce faire, nous suivrons deux groupes d'âge sur un plan longitudinal : 9-12 ans et 15-18 ans. Nous étudierons la manière dont l’auto-évaluation de compétence scolaire des élèves se forme ou se reforme à chaque étape de la scolarité. Nous examinerons également pour qui, quand, et comment le biais d’auto-évaluation de compétence scolaire affecte les apprentissages fondamentaux et les performances en français et en mathématiques. Deuxièmement, à un niveau inter-individuel (le jugement de l'enseignant sur l'élève), nous étudierons comment les enseignants perçoivent les élèves ayant un biais d'auto-évaluation de compétence scolaire (positif ou négatif) comparativement à ceux qui ne présentent pas un tel biais. Cela nous conduira à examiner la relation entre le biais d'auto-évaluation de compétence scolaire de l’élève et l'évaluation correspondante des enseignants. À ce jour, si des résultats récents suggèrent que les jeunes élèves qui surestiment leurs propres compétences sont évalués plus positivement par leurs enseignants et ceux qui les sous-estiment sont évalués de façon plus négative, cette question doit être clarifiée et vérifiée à chaque étape de la scolarité. Pour ces raisons, nous allons examiner comment et dans quelles conditions les biais d'auto-évaluation de compétence scolaire peuvent conduire les enseignants à émettre des jugements plus ou moins favorables sur leurs élèves. Enfin, la généralisation interculturelle de ces résultats aux niveaux intra et inter-individuels sera prise en compte dans le présent programme. Cela nous permettra de vérifier les corrélats des biais d’auto-évaluation de compétence scolaire et leur perception d'une culture à une autre. En conclusion, ce programme de recherche vise une meilleure compréhension de la dynamique du biais d’auto-évaluation de compétence scolaire chez certains élèves et de la manière dont cette auto-évaluation biaisée agit dans les apprentissages aux niveaux intra-et inter-individuels. Sur un plan pragmatique, les nouvelles connaissances issues de ce programme de recherche pourront contribuer à guider les réflexions sur les pratiques d'enseignement et améliorer ainsi l'efficacité des acteurs du système éducatif français.

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Mis à jour le 13 juillet 2018