Innovation pédagogique, Recherche

Régulation des émotions et sentiment de compétence scolaire
Porteuse du projet :
Natacha Boissicat (LaRAC)

Post-doctorant :
Jérémy Pouille (LaRAC)

Ingénieur d'étude :
Benjamin Le Hénaff (LaRAC)

Montant alloué au projet : environ 10 000€

Période anticipée du projet : Juin 2018 à Octobre 2019

Descriptif du projet :
Les questions relatives au bien-être scolaire des élèves et à leur réussite scolaire sont au cœur des préoccupations des acteurs du système éducatif. S’accorder une valeur positive à l’école est un jugement sur soi dont chacun reconnaît l’importance lorsqu’il s’agit de réaliser une tâche, de s’engager dans les apprentissages (voirBandura, 1986; Harter, 1999). Une faible estime de soi scolaire est négativement corrélée à la participation en classe, la fierté et la satisfaction, au décrochage scolaire et à la réussite scolaire (pour revue, Bouffard, Pansu et Boissicat, 2013). Comprendre pourquoi, à compétences égales par ailleurs, certains élèves se perçoivent plus négativement que d’autres constitue donc un enjeu majeur pour la réussite scolaire des élèves.
Parmi les facteurs impliqués dans le développement du sentiment de compétence scolaire, nous étudierons les émotions ressenties par les élèves en classe, et plus précisément les liens entre leur capacité à les réguler, leur sentiment de compétence scolaire et leurs performances. Réguler ses émotions signifie être capable de modifier leur nature, leur intensité, leur durée ou leur expression (Gross, 1999). Les résultats de la littérature indiquent que la capacité à réguler ses émotions est positivement reliée, entre autres, au bien-être des individus, à leurs relations sociales et à leur santé psychologique (e.g. Eisenberg et al., 1997; Kim & Page, 2013). Si les émotions ressenties par les élèves à l’école ont de plus en plus été étudiées ces dernières années (Pekrun, Goetz, et Titz, 2002), les travaux sur la capacité des élèves à les réguler sont émergeants, et les liens entre cette régulation et le sentiment de compétence scolaire restent peu explorés. À notre connaissance, seules deux études auprès d’adolescents ont été menées (Hseih et D.Stright, 2012; Oram, Ryan, Rogers & Heath, 2017) et ont montré que moins les élèves étaient capables de réguler leurs émotions, plus ils se percevaient négativement au plan scolaire.
 
Notre projet s’inscrit dans la continuité d’une étude menée sur les liens entre les émotions, le sentiment de compétence scolaire et la performance en mathématiques (Boissicat, Fartoukh, et Pouille, 2017 – Communication Orale). Dans cette étude menée auprès d’élèves de CM2, plus les élèves ressentaient des émotions négatives après l’annonce d’une tâche en mathématiques, moins bien ils performaient à la tâche de mathématiques, et ce d’autant plus que le sentiment de compétence en mathématiques était faible. Notre objectif est alors d’affiner la compréhension de ces résultats en examinant de façon plus précise les liens qui se tissent entre les stratégies de régulations dans lesquelles s’engagent les élèves, leur sentiment de compétence pour, in fine, affecter leur réussite scolaire.
Notre contribution scientifique est double. Tout d’abord, nous validerons une échelle, aujourd’hui à destination d’étudiants en situation d’examen Universitaire (Boudrenghien, Grégoire & Leroy, 2013) en l’adaptant à un public d’élèves de 9-12 ans en situation d’apprentissage. Ensuite, et c’est le cœur de notre projet, il vise une meilleure compréhension des processus à l’œuvre dans le développement du sentiment de compétence scolaire global mais également disciplinaire (e.g. français et maths). Pour cela, il examinera les liens entre les stratégies de régulation que les élèves utilisent et leur sentiment de compétence scolaire, dans une approche transversale et longitudinale. Afin d’affiner comment ces liens s’expriment, nous prendrons en compte des facteurs modérateurs (e.g., sexe, acceptation par les pairs) et afin de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette relation, nous analyserons le rôle joué par certains médiateurs (e.g., biais de négativité attentionnelle, soutien émotionnel perçu).
L’objectif de notre projet est également de participer à la formation des enseignants. En effet, nos résultats pourront venir nourrir la formation des enseignants par le biais de séminaires qui leur apporteront des clés de compréhension des mécanismes à l'œuvre et éventuellement des pistes d’actions.
 
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Mis à jour le 13 juillet 2018