Marine Hascoët, Docteure en Sciences de l'Éducation

Directeur de thèse : Professeur Pascal Pansu, Université Grenoble Alpes, LaRAC, et Professeure Thérèse Bouffard, Université du Québec à Montréal

Jury de thèse : Professeure Marie Anaut (Université Lyon 2, Rapporteur), Professeur Fabrizio Butera (Université de Lausanne, Examinateur), Professeure Delphine Martinot (Université Blaise Pascal, Clermont Ferrand, Rapporteur), Professeur Pascal Pansu (Directeur de thèse), Professeure Thérèse Bouffard (Directrice de thèse)

Date de soutenance : 16 novembre 2016

Résumé :

Cette thèse a pour objet l’étude de la perception par les enfants du soutien conditionnel parental et enseignant, défini comme un soutien vu comme dépendant de l’atteinte des exigences fixées par ces adultes (Harter, 1999). Deux objectifs sont poursuivis dans ce travail. Le premier étudie l’évolution d’une telle perception lors de la transition entre le primaire et le secondaire. Pour ce faire, nous devions disposer d’un outil de mesure. Nous avons testé, dans trois études, les qualités psychométriques d’une échelle de perception du soutien conditionnel parental et enseignant dans le domaine scolaire auprès d’élèves de CM2 et de 6ème. Les analyses sur l’instrument ont mis en évidence trois dimensions dans le soutien conditionnel : un soutien conditionnel d’estime (parental et enseignant), un soutien conditionnel émotionnel parental et un soutien conditionnel émotionnel enseignant. Concernant le premier objectif, les résultats révèlent que la perception du soutien conditionnel émotionnel parental est stable du CM2 à la 6ème. La perception du soutien conditionnel émotionnel enseignant est aussi stable entre le début et la fin du CM2, mais diminue en 6ème alors que celle du soutien d’estime diminue faiblement au cours du temps. Le deuxième objectif vise à vérifier les liens entre ce soutien conditionnel parental et enseignant et la perception de compétence scolaire des élèves. Nous supposions (1) que les différents types de soutien conditionnel perçu seraient liés négativement à la perception des élèves de leur compétence scolaire, (2) que ces relations seraient médiatisées par l’anxiété envers l’évaluation et la sensibilité à l’erreur et (3) que le lien entre le soutien parental et la perception de compétence scolaire des élèves serait modéré par le soutien conditionnel émotionnel enseignant. Nos résultats montrent que le soutien conditionnel émotionnel parental et le soutien conditionnel émotionnel enseignant sont bien liés négativement à la perception de compétence scolaire et que seule l’anxiété d’évaluation médiatise cette relation. Le soutien conditionnel d’estime n’est pas lié à la perception de compétence quand le soutien conditionnel émotionnel est contrôlé. Enfin, le soutien conditionnel émotionnel parental et le soutien conditionnel enseignant interagissent pour prédire la perception de compétence scolaire : sous une perception élevée du soutien conditionnel d’une source, la perception du soutien conditionnel de l’autre source n’est plus liée à la perception de compétence scolaire. Pris dans leur ensemble, nos résultats confortent les études qui soulignent les effets néfastes du soutien conditionnel perçu en termes d’adaptation scolaire et sociale (e.g., Assor, Roth, & Deci, 2004 ; Côté, Bouffard, & Vezeau, 2014 ; Makri-Botsari, 2015). Ils ajoutent aux connaissances en montrant l’importance du soutien conditionnel de l’enseignant dans cette même adaptation.
Mots-clés : Anxiété d'évaluation, sensibilité à l'erreur, perception de compétence scolaire, soutien conditionnel enseignant, soutien conditionnel parental

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Mis à jour le 26 juin 2018